Aller au contenu

    Ma thèse en 180 secondes – Édition 2025

    Le 20 mars dernier à Lyon se tenait la finale locale de Ma thèse en 180 secondes.

    Depuis douze ans en France, ce concours permet aux doctorantes et doctorants de présenter leur sujet de recherche devant un jury composé généralement de personnalités publiques, de journalistes, de médiateurs scientifiques et d’enseignants-chercheurs mais aussi devant un public non-scientifique, ouvrant ainsi la science à une audience plus large, avec, par exemple, la présence d’au moins une classe de lycéens et lycéennes.  

    Sur les douze candidats et candidates sous les projecteurs ce soir-là, huit avaient été entrainé·es par ALM-formation, plus précisément par Aneline Dolet, docteure et formatrice, et Camille Masclef, auteur, stand- upper et formateur.  

    La gagnante de la soirée, Chloé Chave, qui a réussi l’exploit de décrocher le 1er prix du jury ainsi que le 1er prix du public, avait été coachée par Aneline et Camille. 

    Tous les deux partagent ici leurs motivations et conseils. ,

    Aneline Dolet
    Camille Masclef
    Laurence Auger-Moss pour ALM-formation :  
    Aneline, comment s’est passée cette finale locale ? 

    Très bien ! C’était une très belle soirée. J’ai aimé la qualité des présentations des candidat·es, et j’étais heureuse qu’il n’y ait eu ni dépassement de temps ni oubli de texte. L’évolution depuis le début du coaching en janvier a été impressionnante. J’en tire une grande fierté. Deux personnes vont à la finale régionale, dont l’une formée par nous.  

    Après avoir encouragé mes stagiaires, j’ai assisté aux présentations dans le public. J’ai beaucoup apprécié l’animation pendant la délibération du jury : nous avons eu droit à un quiz avec des questions ou difficiles ou drôles sur les sujets de thèse respectifs. C’était un bon divertissement. 

    Quelles qualités as-tu observées chez les candidat·es ? 

    Du point de vue de la forme, ils et elles ont parlé distinctement, dans le micro, sans montrer de stress, bien qu’il y en ait eu, j’en suis sure. J’ai aimé leur humour, notamment Chloé qui nous a plongé·es dans le quotidien en jouant une scène entre un dermatologue et sa patiente. Son sujet était L’implication de la synaptopodine dans la mecanobiologie du kératinocyte humain et dans le vieillissement cutané.  

    En ce qui concerne le fond, la compréhension du contexte, le but de la thèse et la façon d’exposer ses méthodes et résultats étaient très bien cernés. 

    J’ai aussi beaucoup aimé la bonne entente et l’entraide au sein de l’équipe qui est restée soudée et solidaire tout du long. « Seul, on va vite ; ensemble, on va plus loin ». 

    Qu’as-tu ressenti en regardant les candidats et candidates présenter ? 

    L’émerveillement de voir tous ces sujets de thèse vulgarisés ainsi que leur façon de le faire. 

    Combien de temps avais-tu passé à les entrainer ?

    ½ journée en présentiel pour moi et 2 demi-journées pour Camille. Entre les deux a eu lieu du coaching individuel (environ une dizaine d’heures) qui incluait des commentaires sur leurs écrits, et une séance en visio pour discuter de leur présentation et l’améliorer. 

    Quels sont tes conseils principaux? 

    S’entrainer ! S’entrainer à présenter son sujet à un maximum de personnes autour de soi. L’année où j’ai moi-même participé au concours (en 2018), j’ai présenté mon sujet à Noël à toute ma famille, y compris mes cousines de 10 ans ! L’essentiel est de s’entrainer et d’écouter les retours. Attention cependant à ne pas tout changer en fonction d’un seul retour. 

    La préparation à ce concours doit rester un apprentissage et un plaisir. Il est important d’être motivé·e car tout cela prend du temps, et l’on se souvient de ce moment longtemps. 

     Tu as toi-même participé à ce concours – qu’en as-tu retiré ? 

    Une expérience concrète dont je vais donner un exemple. Lors de mon passage au concours, j’avais raté mon support visuel. Il était beaucoup trop compliqué. Je leur ai donc conseillé de simplifier et ils et elles l’ont très bien fait. J’ai été surprise de la facilité avec laquelle cela a été fait.  

    Ma motivation personnelle à l’époque était que je voulais que mes parents comprennent ce que je faisais. C’est grâce à ce concours que j’ai compris l’importance de la vulgarisation. J’ai beaucoup travaillé pour le préparer et cela m’a permis de prendre du recul, d’apprendre à gérer mon stress avec l’aide d’un sophrologue, de travailler sur mon syndrome de l’imposteur, sur la présentation orale. C’est ce moment qui a renforcé ma motivation pour former, enseigner, gérer le stress, tout ce que j’aime et que j’ai envie d’être. 

    Les stagiaires étaient ravie·es du coaching. Je remercie au passage également ma collègue Catherine Le Lay qui m’a soutenue avec des conseils tout du long de cette démarche.  

    J’insiste sur le fait que tout le monde a fait de belles présentations. C’est dommage que quatre prix seulement soient distribués. J’aurais voulu récompenser tout le monde ! J’ai hâte de recommencer l’année prochaine. En attendant, des représentantes d’ALM-formation seront présentes à la finale nationale qui se tiendra le 17 juin à la Grande Halle de la Villette ! 

    Camille, en tant qu’auteur et stand-upper, qu’essaies-tu d’apporter aux candidats et candidates que tu formes ? 

    Le but du stand-upper et de l’auteur est de vulgariser une idée pour la rendre universelle et compréhensible pour tout le monde grâce à l’utilisation d’images et de métaphores.  

    Pour moi, si le public ne comprend pas une blague, ce n’est pas sa faute, mais celle de l’auteur.

    Sur quels aspects insistes-tu?

    J’insiste particulièrement sur l’utilisation des émotions, le para-verbal et le verbal. Cela représente 90% de ce que l’on fait passer. J’ai écouté des pitchs excellents, mais c’est la personne qui défend le mieux son pitch qui va gagner le public. 

    J’aide à apprendre comment utiliser une émotion, comment s’approprier un discours ou une improvisation théâtrale. 

    Je leur fais aussi découvrir l’utilisation du silence : un silence, c’est un temps de respiration pour tous, pour la personne sur scène comme pour le public. Utiliser le silence, c’est gagner en charisme, et l’opposé de devoir subir un silence. 

    Qu’as-tu particulièrement apprécié chez ces candidats et candidates ?

    Les pitchs étaient très travaillés et imagés et les quatre groupes étaient ultra motivés. Personne n’était opposé à la vulgarisation. Lors de mes coachings précédents, j’ai rencontré des stagiaires qui n’arrivaient pas à lâcher prise. Ils et elles avaient un sentiment de rabaisser leur recherche, en ne mettant pas tous les détails dans la présentation. Mais dans la vulgarisation scientifique, nous n’avons pas besoin de tous ces détails.

    Que trouves-tu rédhibitoire en termes de prise de parole en public ?

    Je ne veux pas voir quelqu’un qui n’est pas congruent, c’est-à-dire quelqu’un qui va dire son texte mécaniquement, sans faire un tout avec sa présentation.  La prise de parole en public c’est un grand saut. Rater quelque chose, oublier un peu son texte, ce n’est pas grave. Mais tout le reste doit y être. 

    Que voudrais-tu conseiller à une personne songeant à se présenter au concours ? 

    Lâcher prise. Apprendre à lutter contre son appréhension à monter sur scène, mais aussi être prêt ou prête à travailler. 

    Que retires-tu toi, en tant que formateur et stand-upper, des coachings que tu as effectués pour ce concours ?

    J’apprends énormément de leurs sujets de thèses, c’est une culture constante qui ressort d’ailleurs parfois dans mes blagues. J’aime beaucoup cet environnement. Pour moi, c’est aussi un retour à la réalité, une pause du monde des artistes. 

    Tu reprends le coaching l’année prochaine?

    Ah oui, j’aime trop ça!

    Rendez-vous l'année prochaine donc!

    Crédit photo Ma thèse en 180 secondes: Vincent Noclin – Université de Lyon.

    Envie d’être formé au concours ma thèse en 180′ ?